Le Bloc Note

Tapestry, un mélange d’harmonie et de fougue

25Jan

Au fil des années, certains artistes voient leur renommée s’effacer devant celle de leurs œuvres. Carole King entre dans cette catégorie. Elle a connu un certain succès à la fin des années 60 et durant les années 70. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ne connaissent l’auteur de « (You Make Me Feel Like) A Natural Woman » indissociable d’Aretha Franklin, « The Loco-Motion » rendu célèbre par Grand Funk Railroad et Kylie Minogue ou encore « Up on the Roof » interprété par James Taylor. Ces morceaux ne constituent qu’une faible part d’une œuvre beaucoup plus vaste.

Tapestry, un album majeur

Tapestry, sorti en 1971, est son album phare. Il l’est par la richesse de ses chansons, mais également l’originalité de celles-ci qui donnent à cette artiste un ton particulier.

De nombreuses qualités se dégagent à l’écoute de ces morceaux telle la qualité de la voix de la chanteuse, mais aussi l’alliance de belles mélodies et d’instrumentations recherchées et simples à la fois. Sans passer en revue l’ensemble des morceaux de ce disque, je souhaite m’arrêter à certains morceaux particulièrement marquants.

De nombreuses chansons devenues des standards

Dès la première plage du disque, le ton est donné. « I Feel the Earth Move », avec son rythme enjoué, fait entrer joyeusement l’auditeur dans l’univers de Carole King où s’entremêlent sa voix vive et chaude et son piano qui lui répond en écho. Ce dernier impulse le rythme du morceau soutenu, dans cette œuvre, par la guitare, la basse et la batterie.

La seconde plage du disque, « So Far Away » est dominée par le duo piano-guitare au service de la voix de Carole. Ici, le rythme est plus paisible et la tonalité est un peu plus mélancolique sans sombrer, nullement, dans la tristesse. Tout en gardant son rôle rythmique, le piano, par moment, apporte des ornementations qui viennent enrichir la mélodie.

Le quatrième morceau fait partie de mes préférés. « Home Again » donne l’occasion à Carole King de montrer toutes les capacités de sa voix. L’introduction du piano est remarquable. Le côté percussif de l’instrument est utilisé, une fois de plus, pour marquer le rythme du morceau et introduire la mélodie qui reste ensuite au creux de l’oreille. L’instrument est, à nouveau, à l’honneur au milieu d’ « Home Again » avec le trait qu’il place entre les deux couplets.

Carole King au piano en 1972
Carole King en 1972 (AP Photo)

La septième plage, « You’ve Got a Friend » est devenu un classique de Carole King et sera repris avec succès par James Taylor. La voix de la chanteuse, chargée en médium chaleureux donne une assise à l’ensemble. Le piano donne, encore, le rythme à l’ensemble. La guitare, bien qu’elle soit en retrait, apporte un peu plus d’épaisseur à l’ensemble.

Enfin, il m’est impossible de ne pas faire mention du dernier morceau : « (You Make Me Feel Like) A Natural Woman ». Comme je l’ai mentionné précédemment, beaucoup associent cette chanson à Aretha Franklin bien qu’elle fut coécrite par Carole King, Gerry Goffin et Jerry Wexler. Sans mésestimer la version d’Aretha, celle de Carole est, particulièrement, habitée . Loin de toute démonstration vocale, la voix sonne juste. Celle-ci se fait plus vive par moment, mais c’est la délicatesse qui l’emporte.

James Taylor, un accompagnateur de premier choix

Après ce rapide survol de quelques pièces phares de ce disque, je dois mentionner la place particulière de James Taylor qui fera sien certains morceaux de Carole King. Sa guitare tient, souvent, une place importante dans les différentes chansons et sa voix vient, discrètement, se joindre à plusieurs reprises à celle de Carole apportant un surcroît de douceur et de présence aux morceaux.

Une musique toujours actuelle

Le son et les ambiances de cet album sont assez loin des tonalités actuelles. Malgré cela, ce disque demeure actuel par la qualité de ses harmonies, l’entrain insufflé par la voix et le piano de Carole King qui sont toujours en bonne compagnie grâce à James Taylor et aux autres musiciens.

Cela nous donne un classique, tout simplement.

Réalisation de l’album Tapestry

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