Le Bloc Note

Arnaud Beltrame : un don total

26Mar

Une nouvelle fois, notre pays est touché par un attentat perpétré au nom de Daesh. À nouveau, des innocents sont morts sous les coups de la barbarie en ce vendredi 23 mars. Malgré tout, la figure particulière d’Arnaud Beltrame surgit.

Un acte qui provoque des sentiments partagés

La première réaction est, sans nul doute, l’horreur devant l’acte commis ; un homme qui déboule, armé, dans un supermarché après avoir tué une première personne et blessée grièvement une autre pour saisir le véhicule dans lequel ils se trouvaient. Ce tueur va, encore une fois, semer la mort dans le magasin en tuant trois autres personnes et en blessant de nombreuses autres.
À ce sentiment de rejet s’ajoutent l’incompréhension et la tristesse face à une telle violence ; mais aussi une expression de révolte, bien légitime, qui souhaite contrecarrer et punir de tels agissements.

Des événements tragiques traversés par une lumière

Ce sont donc trois personnes qui ont laissé leur vie dans le magasin ; le chef boucher, un client et Arnaud Beltrame. Ce dernier, lieutenant-colonel de gendarmerie, dirigeait l’opération pour faire cesser les agissements de l’agresseur. Il a proposé de prendre la place d’une femme retenue en otage. Le terroriste l’a agressé sauvagement et il est décédé des suites de ses blessures dans la nuit suivante.
Au-delà de cet acte particulièrement courageux, il a manifesté, à de nombreuses reprises, une disposition au service des autres et à l’abnégation. Qui plus est, la foi chrétienne a pris une place importante dans sa vie d’adulte. Marié civilement, il préparait activement son mariage religieux.

Portrait d'Arnaud Beltrame

Le service des autres s’oppose à la brutalité de la violence aveugle

L’attitude de ce gendarme exprime profondément la place du don à l’autre et la coexistence harmonieuse de la détermination et de la douceur. Déterminé, il l’est quand il décide de prendre la place des otages. Doux, il l’incarne par la générosité de son acte où prédomine la gratuité. En aucune manière, une intervention de ce type était requise par l’action qu’il menait alors pour sauver les otages et mettre hors d’état de nuire le tueur. En agissant en tant que gendarme, il répondait à ses obligations. En prenant la place de personnes en danger, il y ajoutait un surcroît d’humanité qui, au-delà de sa personne, honore tous les êtres humains et nous rappelle à nos propres devoirs au service des autres.
Son acte est exemplaire, car en reprenant une formule connue : il n’a fait que son devoir. Devoir de militaire en étant présent sur le théâtre des opérations, devoir d’homme en protégeant ces hommes détenus par le tueur. L’exemplarité se situe dans le fait que nous sommes tous appelés au même devoir, chacun en fonction de ses capacités et de son courage ; car je ne minimise, nullement, la dimension héroïque du service qu’il a rendu.

Une lecture croyante de cet acte

L’acte qu’il a posé interroge, plus spécifiquement, tout les chrétiens. Sans aucune récupération de ma part, je ne peux que constater la cohérence de la foi qu’il a manifestée dans sa vie telle qu’elle a été rapportée par plusieurs témoins (cf. témoignage du prêtre qui le préparait au mariage et celui-ci de l’aumônier national de la gendarmerie).
D’une part, le hasard (ou la providence) du calendrier a voulu que son action ait lieu le vendredi précédent la Semaine sainte où les chrétiens font mémoire du don total de Jésus-Christ.
D’autre part, la fin de sa vie me fait songer à celle de Saint Maximilien Kolbe. Ce prêtre polonais n’avait pas hésité à remplacer, dans les camps de la mort Nazi, un père de famille qui faisait partie des prisonniers que les soldats allaient laisser mourir de faim. La situation de cet homme et celle d’Arnaud Beltrame sont proches et expriment toutes les deux un don total où la foi chrétienne se traduit en acte concret.
Dans l’acte de ce gendarme, chacun pourra y lire ce qui le touche le plus et cela est bien naturel. En tant que croyant, j’y vois l’expression d’une foi simple et généreuse qui éclaire d’une lumière vive les ténèbres de la violence et de la destruction présentes dans cet attentat.

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