Le Bloc Note

Un 50 mm pour de nouvelles photos (première partie)

24Fév

Beaucoup de photographes ont acquis depuis plus ou moins longtemps un reflex avec son zoom transstandard. Pour ceux qui viennent du monde du compact, le reflex offre des qualités jusque là inconnues telle la clarté du viseur utilisable même lorsque le soleil est présent, contrairement à la lecture sur l’écran arrière d’un compact, ou bien la qualité inégalable des images en haute sensibilité, au-delà de 400 ISO. Le reflex comporte de nombreux autres avantages dont un qui, tout à la fois, attire et fait peur : sa monture interchangeable.
Le zoom livré le plus souvent en kit avec un reflex balaie les focales du grand-angle (28 mm en équivalence 24×36 idéal pour la photo de paysage ou le reportage) au petit-téléobjectif (80 mm qui se prête idéalement au portrait entre autres). Ces zooms sont souvent qualifiés de transstandards, car ils « tournent » autour de la focale de 50 mm. Je veux vous proposer ici de nous intéresser à cette focale de 50 mm, plus particulièrement en étoffant votre fourre-tout avec un objectif fixe de 50 mm qui cumule de nombreux avantages et vous permet aisément d’élargir votre champ photographique.

Plafond d'une église

 

Une considération importante avant de poursuivre

Avant d’aller plus avant, je tiens à préciser que je m’adresse à ceux qui n’ont que peu d’expérience en photographie. Cependant, même les plus aguerris trouveront, je l’espère, des informations utiles ; plus plus particulièrement à la fin de mon propos quand j’aborderais les différents modèles existant sur le marché. Mon propos vise en particulier les possesseurs d’appareil reflex au format APS :

  • Canon 1100D, 650D, 60D, 7D et les prédécesseurs de ces appareils
  • Nikon D3200, D5200, D7000, D300s et les prédécesseurs de ces appareils
  • Pentax… Kr, K30, K 5 II et les prédécesseurs de ces appareils
  • Sony Alpha 35, 67, 65, 77 et les prédécesseurs de ces appareils

Je ne mentionne pas ici quelques marques plus confidentielles que sont Sigma et Olympus. Je n’aborde pas non plus les appareils hybrides.
J’ai mis à la fin de chaque liste la même mention. Si votre appareil photo, de l’une de ces marques, n’est pas nommé ici ; je vous invite à consulter le site internet de la marque en question. Cependant, si un 18-55 ou un objectif équivalent est monté sur votre appareil ; vous faites partie du public que je vise dans mon article.

Une remarque nécessaire

Dans cet article, tout comme dans mon podcast du 2 février dernier, je parle pour les objectifs d’équivalence en format 24×36. Ceci demande explication. Plus le chiffre de la longueur focale est petit, plus l’angle de champ de cet objectif est important. Un 24 mm « couvre » une plus grande étendue en largeur et hauteur qu’un 85 mm par exemple. Par abus de langage, de nombreuses personnes disent qu’elles zooment quand elle passe sur leur zoom de 35 à 55 et resserrent, de ce fait, l’angle de champ. On classe les objectifs en trois groupes en fonction de leur angle de champ. En premier, il y a les objectifs dits « standard » dont la focale est de 50 mm ou avoisinant ; en second, les grands-angles dont la focale est inférieure à 50 mm et, en troisième, les téléobjectifs qui ont une focale supérieure à 50 mm. Ce classement date de l’époque des appareils photo argentique, avant le numérique donc, ou la pellicule utilisée avait un format de 36mm sur 24 mm (ne confondez pas ce format de pellicule avec la longueur focale des objectifs, ce sont deux notions différentes). Bien entendu, on fait une distinction parmi les grand-angles et les téléobjectifs. Par exemple, un 35 mm a un angle de champ plus large que le 50 mm dit « standard », mais la différence n’est pas immense. En revanche, un 24 mm ou un 20 mm embrassent un très large champ.
Aujourd’hui, nos appareils numériques n’ont pas tous des capteurs de même taille. Mis à part le format 4/3 d’Olympus et Panasonic, tous ont un rapport largeur/longueur de 2/3 comme la pellicule 24×36 ; mais beaucoup de capteurs ne sont pas « plein format », c’est-à-dire qu’ils sont plus petits que notre fameuse pellicule. Sur ces derniers qui équipent les appareils photo cités plus haut, un objectif 50 mm équivaudra à un 75 mm ou 80 mm, selon la marque, sur un appareil 24×36. Dans la suite de mon texte, je parlerai de 50 mm, mais celui-ci sera compris comme un 50 mm sur capteur APS « donnant » un 75/80 mm en pratique.
Étant donné la multiplicité des tailles de capteur, on a gardé cette équivalence plus commode pour faire des comparaisons même si elle peut sembler compliquée pour le néophyte qui n’a pas connu l’époque de l’argentique et qui ne possède pas un appareil numérique haut de gamme, dont le capteur fait 24 par 36. J’espère que cette longue digression, qui me semblait nécessaire, ne vous aura pas assommé. Vous allez voir que la suite est passionnante.

Fontaine en Provence

 

Un 50, pour quoi faire ?

Comme je viens de vous le montrer, sur un appareil au format APS, un 50 mm équivaut à un petit téléobjectif en format 24×36. C’est à dire un 80 mm chez Canon et un 75 mm dans les trois autres marques. En pratique, cela ne change quasiment rien.
Ainsi, le 50 mm est l’objectif privilégié pour faire des portraits. Une plus longue focale comprime trop les différents plans alors que celle-ci permet de rester centré sur le sujet et garde un étagement des plans favorable à une mise en valeur du sujet. De plus, la grande ouverture permet d’isoler le sujet grâce à une faible profondeur de champ. Ceux pour qui cette notion est inconnue se référeront avec profit à cet article (http://www.virusphoto.com/25-la-profondeur-de-champ.html) ou celui-ci (http://apprendre-la-photo.fr/profondeur-de-champ-flou-darriere-plan-bokeh/). Cependant, le portrait n’est pas le seul usage de cet objectif ; nous verrons cela en détail un peu plus loin.
Le 50 mm cumule de nombreux avantages. Il est peu couteux (de 105 à 240 € suivant les marques). Malgré ce prix modeste, comparé à celui de nombreuses autres focales fixes, il a de très bonnes performances optiques, quelle que soit la marque et une grande ouverture de 1,8 surtout lorsque celle-ci est comparée à l’ouverture maximale offerte par les zooms équipant à l’origine la plupart des reflex. À 50 mm, ces zooms sont ouverts tout au plus à 4,5 et le plus souvent 5,6. Un certain nombre de lecteurs ont peut être du mal à comprendre ce point important. Il suffit juste de se dire qu’à 1,8, il y a à peu près trois fois plus de lumière qui arrive sur le capteur qu’à 4,5. Cela permet de photographier sans peine même lorsque la lumière vient à manquer. Cette grande ouverture offre donc aussi une faible profondeur de champ contraire à l’ouverture de 4,5 ou 5,6 du zoom transstandards qui ne détache pas le sujet du fond.

Main d'un guitariste sur le manche de son instrument

 

J’ajoute ici une petite remarque d’importance. Il n’est pas nécessaire de se tourner vers les modèles de 50 mm ouverts à 1,4. Ceux-ci offrent un petit surcroit de luminosité, mais le prix de ces objectifs dépasse largement les 300 €. Pour la plupart des usages, le surcout engendré n’apporte pas un véritable plus. Certains argueront d’une meilleure qualité optique ou d’une meilleure finition des versions 1,4 (ce dernier point se vérifie chez Canon), mais il me semble plus raisonnable d’en rester au 1,8 qui offre déjà beaucoup pour une petite somme. Je proposerais une autre possibilité d’achat en fin d’article pour ceux qui sont prêts à dépenser plus.

Lire la seconde partie

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